Category: Politique

Nous venons de remplacer nos conseillers et conseillères des Français de République tchèque la semaine dernière et les Tchèques de leur coté, entament la campagne des prochaines élections législatives qui auront lieu en octobre 2021. Le public et les enjeux sont rigoureusement différents mais les deux scrutins ont lieu à la proportionnelle que nous allons décortiquer en expliquant les résultats des conseillers des français de République tchèque (un exemple simple avec 4 listes pour 3 sièges).

 

M. Alexis Dutertre, notre Ambassadeur a voté (Photo: Sophie Pendaries)

Les français sont familiers du scrutin majoritaire à deux tour, utilisé dans leurs élections phares: la présidentielle et les législatives. Pour élire ses députés, la France est découpée en 577 circonscriptions, autant que de sièges et les électeurs doivent se rendent aux urnes deux fois pour valider le résultat. Chez les tchèques, le scrutin est proportionnel les circonscriptions sont les régions administratives et les électeurs portent leur vote sur une liste pour pourvoir entre 5 et 26 sièges selon la population de la région.

Nous avons donc voté en utilisant un système que les tchèque connaissent bien. Nous l’utilisons aussi pour les municipales, les régionales et les élections européennes mais curieusement le mode de calcul pour l’attribution des sièges n’est pas forcément connu. Il faut savoir qu’il y a plusieurs modes de calcul dont l’issue en siège peut être différente. La loi tchèque retient la méthode de D’hondt alors que la loi française retient la méthode dite de la plus forte moyenne. Dans les faits, ces deux méthodes sont à peu de choses près pareilles et donnent la même distribution de sièges. Je soupçonne le législateur français d’avoir simplement évité de créditer un mathématicien belge dans ses textes officiels.

Les résultats de l’élection

inscritsvotantsblancsnulsexprimés
Vote Internet3046 (sic)679
22,3%
150664
21,8%
Vote à l’urne304681
2,7%
2079
2,6%
Total3046760
24,95%
170743
24,4%
Nom de listevote Internetvote à l’urnetotal
1-En Marche ! MoDem et indépendants: Au service de tous les Français de Tchéquie9710107
14,4%
2-Alliance Solidaire des Français de Tchéquie34339382
51,4%
3-TOUS ENSEMBLE, UNIS ET SOLIDAIRES591271
9,6%
4-VERT DEMAIN16516183
24,6%
Total66479743
100%

S’il n’y avait eu qu’un siège à pourvoir, Vassili Lemoigne aurait été élu dès le premier tour avec plus de 51% des voies mais il y a 3 sièges et il n’est pas possible de les attribuer en lui en donnant 1½ et l’autre moitié pour les autres. Ce n’est pas très confortable. Nous allons donc les attribuer à chaque liste en fonction de leur résultat, donc à la proportionnelle.

La méthode de D’hondt

Pour commencer on peut calculer le quotient électoral, c’est à dire le nombre de voix que vaut un siège en divisant le nombre de voix exprimés par le nombre de sièges : 743 / 3 = 247. Il ne reste plus qu’à prendre le score de chaque liste et de le diviser par ce quotient pour connaître le nombre de sièges remportés. Dans notre exemple, il y a peu de sièges et seule la liste 2 emporte un siège.

Les deux sièges restants sont donc attribués selon la méthode de D’hondt en divisant leur score par le nombre de sièges remportés augmenté du siège à pourvoir. Pour la liste 2 nous avons donc un résultat de 382 / 2 = 191. Cela reste le meilleur résultat face aux autres listes dont le score divisé par 1 ne bouge pas. Le deuxième siège est donc remporté par Stéphanie Lenormand-Malcotti de la liste 2. Pour le troisième siège on recommence l’opération mais cette fois ci la liste 2 voit son résultat divisé par 3 (deux sièges remportés + le siège à pourvoir) 382 / 3 = 127. Ce résultat est cette fois plus petit que le score de la liste 4 avec 183 voix. C’est donc Aude Guichard-Buszman qui remporte le 3ème siège.

La méthode du plus fort reste

Une autre méthode est utilisé dans les scrutins proportionnels est la méthode du plus fort reste. Les sièges restant sont alors attribués aux listes l’une après l’autre en fonction du reste de la division entière par le quotient électoral qui a permis de distribuer les sièges. Ainsi dans notre exemple la liste 2 obtient un siège mais son reste est plus petit que celui de la liste 4. | 382 / 247 | = 1 avec un reste de 135. | 183 / 247 | = 0 avec un reste de 183. C’est donc la liste 4 qui aurait emporté le second siège si cette méthode avait été retenue, puis la liste 2 aurait remporté le troisième siège puisque son reste est plus élevé que le score de la liste 1.

La méthode du plus fort reste donne parfois des résultats différents de la méthode de D’hondt, souvent en faveur de listes remportant moins de voix. Elle est utilisée dans quelques pays comme la Slovaquie (qui utilise une variante) mais reste moins populaire parce qu’elle peut produire des distributions incohérentes selon les résultats.

La méthode de Sainte-Laguë

La méthode de D’hondt favorisant les plus gros partis en leur attribuant les sièges résiduels est parfois remplacée par la méthode de Sainte-Laguë (du nom du mathématicien qui l’a mise au point). Elle consiste à augmenter la valeur des sièges résiduels à mesure qu’ils sont remportés. Le premier valant 1, le second 3, le troisième 5 et ainsi de suite. Dans l’élection d’une grande assemblée avec plus de sièges résiduels, cette méthode offre aux petits partis des sièges qui leur permet de faire la différence.

Cette méthode est utilisée dans certaines élections en Allemagne ou en Scandinavie. Même si Sainte-Laguë est un mathématicien français ce système n’est pas utilisée en France où la classe politique veut éviter l’instabilité de la IVème République qu’elle attribue au trop grand nombre de petits partis au pouvoir à cette période.

Les résultats définitifs

Maintenant que vous savez tout sur la proportionnelle vous pouvez regarder et comprendre les résultats en sièges de notre élection locale

Nom de listevote Internetvote à l’urnetotalsiège
1-En Marche ! MoDem et indépendants: Au service de tous les Français de Tchéquie9710107
14,4%
2-Alliance Solidaire des Français de Tchéquie34339382
51,4%
2
3-TOUS ENSEMBLE, UNIS ET SOLIDAIRES591271
9,6%
4-VERT DEMAIN16516183
24,6%
1
Total66479743
100%
3

Maintenant que la composition du conseil consulaire est connue, on peut dire merci à tous les candidats et félicitations à l’élu et aux élues.

Aude Guichard répond aux questions de Prahoo sur le programme de la liste Vert demain, candidate aux élections des conseillers des français de l’étranger en Tchéquie.

  • Pourquoi vous présentez-vous à cette élection des conseillers des Français de l’étranger

L’idée est apparue assez naturellement lors de la formation de notre groupe en juillet 2020, nous voulions agir localement pour l’écologie, rendre le sujet accessible au plus grand nombre, et démystifier les préjugés qui existent contre les « écolos ». Nous avons tous à cœur le respect de la nature et la protection de l’environnement et pourtant nous avons des profils, voire parfois des idées très différentes : c’est ce message que nous voulions envoyer car tout le monde peut apporter sa contribution à l’édifice – il n’y a pas de « petites actions ».

Se présenter à ces élections c’est contribuer au débat, apporter des idées nouvelles avec 2022 en perspective où nous aimerions que la priorité soit donnée au contenu et non aux personnes ou aux déclarations choc, comme cela est souvent le cas.

Au-delà de l’aspect politique, nous avons à cœur de représenter notre communauté, de mieux la connaître et d’avancer ensemble grâce au dialogue et au partage. C’est pour cette raison, que pensons déjà à l’après-élection et aux projets à mener comme planter des arbres, organiser des conférences dédiées à la sauvegarde de la nature et la protection de l’environnement ainsi que l’intégration du facteur écologique dans les démarches et décisions politiques etc.

  • Quel bilan tirez-vous du conseil consulaire sortant ? Que pensez-vous apporter de différent pour les années qui viennent ? Comment comptez-vous exercer ce rôle ?

Il n´est pas de notre ressort de faire un bilan du conseil consulaire sortant ; nous pouvons cependant exprimer d’un commun accord en tant que citoyens que nos élus ne sont pas restés inactifs. Mais faire un bilan serait déjà implicitement le début d’une comparaison alors que notre objectif est tout autre : nous voulons être fidèles à nos valeurs qui sont l’échange, la communication et la transparence. Nous sommes désireux d’une rencontre permanente avec nos compatriotes pour mieux connaitre les situations individuelles afin de mieux les représenter. Si nous prenons l’exemple des bourses scolaires, il nous semble compliqué de représenter des familles que nous ne connaissons pas, nous voulons donc les rencontrer en amont pour travailler ensemble et les accompagner au mieux. Toujours au sujet des bourses, l’enjeu est également d’informer les familles que ces dernières existent et qu’elles peuvent en bénéficier. C’est cela que nous appelons transparence, bien au-delà de la publication des agendas et des comptes-rendus.

  • Quelle est votre vision de la communauté française en République tchèque ? Quelles sont, selon vous, leurs attentes ?

La communauté française en République tchèque est comme notre groupe : multiple, et hétérogène. On y retrouve des familles françaises de passage en République tchèque, des étudiant-es, de jeunes diplômé-es ayant décroché un premier boulot dans une grande boîte internationale, des retraité-es, des couples binationaux, des entrepreneur-es etc. Cette communauté s’étend de plus en plus dans les métropoles régionales en sus de Prague, la capitale. Ces implantations de nos compatriotes sur tous les territoires de Bohême et Moravie sont un phénomène nouveau, pas ou peu pris en compte jusqu’à maintenant par les services consulaires.  C’est pour cela que nous mettons entre autres priorités clairement définies dans notre programme, la décentralisation des services consulaires. Ce déficit des services dans les régions fait partie des attentes de nos concitoyens, avec qui nous avons échangé.

Nous avons également été surpris qu’encore beaucoup de Français.es ne savent pas qu’il-elles sont représenté-es par des élu-es au Consulat, ou qui ne sont pas encore inscrit-es sur les listes consulaires. D’autres ont partagé leur désintéressement de la politique et leur manque d’intérêt pour cette élection. Enfin, nous avons aussi pu discuter avec des personnes très informées pour qui l’écologie est un sujet sous-représenté, qui veulent un conseiller actif tout au long de son mandat, et qui prendrait le temps de se déplacer hors de Prague. Les attentes sont variées : il nous faut les écouter, les comprendre et les défendre.

  • Vous aurez à vous prononcer pour l’élection des conseillers AFE et des sénateurs des français de l’étranger. Comment guiderez-vous vos choix et comment voyez-vous vos relations avec ces assemblées ?

Comme indiqué dans notre programme, nous soutiendrons et voterons pour une liste exigeante sur l’impact environnemental et climatique de toute mesure ou motion. Une des raisons de cette campagne est de permettre un verdissement de nos institutions et l’élection de personnalités nouvelles. Il y a cinq ans, la France signait les accords de Paris et s’engageait ainsi maintenir la hausse de la température mondiale à 1,5°C d’ici 2100 et à atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2050, nous sommes aujourd’hui loin du compte et la loi climat seule ne nous permettra pas d’atteindre ces objectifs. Nous voulons ainsi que l’aspect environnemental soit pris en compte à tous les niveaux, et non traité comme un sujet à part. Comme souligné dans l’émission la Transition d’Hervé Gardette sur France Inter : ne sont-ce pas toutes les lois qu’il faudrait examiner au regard de leur impact climatique ?

Aussi, nous serions heureux de pouvoir porter une femme au Sénat, ces dernières y demeurant sous-représentées – les valeurs et idées l’emporteront dans tous les cas sur le critère du sexe.

En ce qui concerne l’AFE, n’oublions pas que cette assemblée a un rôle de conseil, et qu’il nous faudra des personnalités fortes pour pousser nos idées et rappeler, au besoin, ses devoirs à l’administration.

Benjamin Schifres et Claire Madl répondent aux questions de Prahoo sur le programme de la liste En Marche ! MoDem et indépendants, candidate aux élections des conseillers des français de l’étranger en Tchéquie.

Pourquoi vous présentez-vous à cette élection des conseillers des Français de l’étranger ?

Benjamin : Si je m’engage, c’est que je pense que les conseillers des Francais de l’étranger peuvent aider les Français installés en Tchéquie et que cette fonction mérite de prendre plus l’ampleur en étant au plus près de la réalité spécifique de leur situation. 

Il faut avoir à l’esprit que ce poste électif existe depuis une mandature seulement. Ce fut un énorme progrès que de passer à un système représentatif pour défendre les Français de l’étranger. Cela permet de tenir compte des réalités spécifiques des Français qui vivent une démarche de mobilité européenne. Nous ne pouvons pas être représentés exactement comme le sont les Français de Manaus, de Dakar ou de New York. De fait, nous sommes des “Européens de l’étranger”.

Je suis moi-même arrivé en République tchèque en 2007 avec un contrat local. Or je n’ai appris l’existence des conseillers consulaires qu’au grand débat national et leur activité ne m’a jamais été d’aucun soutien. Je voudrais que cela change pour tous ceux qui sont ici.

L’investiture d’En Marche et du MoDem s’inscrit précisément dans cette démarche, car je suis en phase avec la démarche pro-européenne d’Emmanuel Macron. J’ai moi-même fondé le comité LaREM de Prague, et j’ai adoré débattre avec des Français qui ne se seraient probablement jamais rencontrés, tant la communauté française fonctionne en silos. Il y a une ouverture de notre communauté à construire, entre nous, mais aussi avec la société civile tchèque, entre Européens, et même changer le regard caricatural que les Français de métropole portent sur nous – des exilés fiscaux privilegiés – alors que la plupart d’entre nous sont des contractuels locaux. C’est la raison profonde de mon engagement.

Claire : Lorsque l’équipe d’En Marche et du Modem m’a contactée en 2019, je souhaitais m’engager pour agir dans deux domaines que je connais bien de par mon expérience en République tchèque. Je constatai tout d’abord que les conseillers sortants n’avaient pas su saisir l’opportunité de ce mandat unique en Europe pour nous représenter et nous informer, pour servir d’interface ouverte à tous. Les contacts personnels continuent d’être indispensables pour se tenir informé des procédures administratives indispensables, de l’activité de nos représentants, des opportunités d’aide, de l’existence et de l’activité des associations… 

Cet “entre soi” exclut beaucoup des 5 ou 7000 Français installés ici. Prahoo aide beaucoup et c’est un super forum, mais comment aller repêcher l’information que l’on recherche ? Et ce sont souvent les mêmes questions qui reviennent!

Ensuite, j’ai été confrontée plusieurs fois au sentiment profond d’injustice des parents d’enfants français dont la demande de bourses scolaires a été rejetée alors qu’ils ne peuvent pas offrir le LFP à leurs enfants, et plus largement à l’impression des parents de faire des compromis au moment du choix d’un système scolaire : s’ils choisissent de favoriser l’intégration des enfants dans leur milieu social proche, il leur est très difficile de leur assurer un enseignement du français de première qualité tout au long de leur scolarité. La Covid a accrû les tensions.

Les conseillers des FdE peuvent porter ces questions auprès de l’administration et des élus, servir de médiateurs et faire preuve d’initiative pour apporter des réponses – il suffit de regarder dans d’autres pays ou d’autres communautés expatriées pour avoir des idées. Notre programme en présente un certain nombre. 
Je voudrais, par ces moyens pratiques, contribuer à ce que l’expatriation et la double appartenance culturelle soient vécues par tous comme une richesse et non sur le mode du compromis.

Quel bilan tirez-vous du conseil consulaire sortant ? Que pensez-vous apporter de différent pour les années qui viennent ? Comment comptez-vous exercer ce rôle ?

Benjamin : J’aimerais bien connaître ce bilan, en tant que citoyen français, et ne pas à avoir à attendre les élections pour avoir accès à des bribes d’information. Je ne peux pas croire qu’ils n’ont rien fait, mais je me demande s’ils connaissent leur rôle… … que dire ? 

Les procès verbaux des conseils consulaires ne sont plus publiés depuis avril 2017. Ceux dont nous disposons font 2 pages, dont une pour la liste des présents. Nos collègues de Munich livrent beaucoup plus d’informations. Certes, leur rôle étant nouveau, il est compréhensible qu’ils aient dû trouver leurs marques ; mais cela n’excuse pas tout. En Tchéquie, nos conseillers consulaires sortants brillent surtout par leurs absences. Or, l’assiduité et l’engagement me semblent cruciaux.

Souvent, on parle de confidentialité de l’information, mais qui parle du nécessaire besoin de transparence pour l’attribution des bourses par exemple ? N’est-ce pas le rôle d’un élu justement, de s’assurer de la publication des informations au profit de la communauté ?

Sur les trois conseillers consulaires, un seul a fait un travail extraordinaire sur les réseaux sociaux pour informer sur la Covid et aider ceux qui s’adressaient à lui. On doit lui rendre honneur. Mais, ne soyons pas dupe ; cette grande activité contraste sévèrement avec le reste de sa mission, à savoir la médiation, la représentation de tous et la transparence.
Pour les 5 années à venir, le rôle de Conseiller des Français de l’étranger doit parvenir à maturité. Je compte l’exercer de façon collégiale avec les autres conseillers élus mais aussi en réseau avec les conseillers des Français d’autres pays et les ressortissants d’autres pays en République tchèque.

Je veux profiter de siéger aux différentes commissions pour prendre l’initiative de poser les questions qui fâchent.
En particulier en matière de transparence pour l’attribution des bourses et des aides sociales. La crise de la Covid a trop laissé de personnes dépendantes de leurs propres ressources, alors qu’un tissu associatif fort aurait pu obtenir des soutiens conséquents. Le gouvernement a libéré des millions pour aider des Français de l’étranger. Les Français de Tchéquie et les petits entrepreneurs en ont trop peu bénéficié alors que le pays est plus durement touché que d’autres.

Et enfin, en tant que liste affiliée à la majorité, nous pouvons sans difficulté informer les élus des Français de l’étranger de la majorité, Fréderic Petit et Samatha Cazebonne (impliqués dans l’AEFE), Anne Genetet (fiscalité), Pieyre-Alexandre Anglade (Europe), voire les cabinets ministériels. Je l’ai déjà fait dans le cadre du comité LaRem, nous ne devons pas nous en priver.

Quelle est votre vision de la communauté française en République tchèque ? Quelles sont, selon vous, leurs attentes ?

La communauté française de Tchéquie est multiple et ne forme pas un réseau unique. Toucher chacun dans ses préoccupations est difficile, mais c’est justement le rôle du conseiller FdE de soutenir ceux qui en ont le plus besoin, parce qu’ils sont peu visibles des instances françaises. Je pense aux petits entrepreneurs. Je pense aux parents inquiets pour l’apprentissage du français par leurs enfants. Je pense aux volontaires engagés dans des associations qui sont trop rares et méconnues, et qui doivent être soutenues pour s’enraciner dans la communauté française ; enfin aux Français qui viennent s’installer et doivent construire leur nouvelle vie. 

Les conséquences de la Covid vont se faire sentir encore longtemps. Il convient tout d’abord d’évaluer les besoins. Il ne faudra pas hésiter à mobiliser ou accroître le tissu associatif pour faciliter l’octroi des aides. 

Un accès à l’enseignement du français plus diversifié, géographiquement mieux réparti, pour tous les budgets, est une très grosse attente. Nous comptons élargir l’offre dans ce domaine en mettant en complémentarité les associations et les autres acteurs dans ce domaine.

Enfin chacun souhaite évidemment que les élus, quelque soit leur bord politique, collaborent entre eux selon leur compétence pour le bien commun, nous nous y engageons personnellement.

Vous aurez à vous prononcer pour l’élection des conseillers AFE et des sénateurs des français de l’étranger. Comment guiderez-vous vos choix et comment voyez-vous vos relations avec ces assemblées ?

Le choix pour les deux sera évidemment en cohérence avec le soutien de notre liste par la majorité LaRem/MoDem. C’est notre atout de présenter une lisibité sans ambiguïté sur nos soutiens et sur qui nous allons soutenir, contrairement aux listes soi-disant apolitiques, dont les membres ne s’engagent pas vis-à-vis de leurs électeurs. C’est l’une des contributions démocratiques de notre liste. Nous avons déjà constitué un réseau de partage et d’entraide entre conseillers des Français de l’étranger et député de l’étranger de la majorité. Nous aurons donc la communication la plus directe possible.

Helena Briard répond aux questions de Prahoo sur le programme de la liste Tous Ensemble, Unis et Solidaires, candidate aux élections des conseillers des français de l’étranger en Tchéquie.

Liste Tous Ensemble Unis et Solidaires
De gauche: Anne- Marie Palenicek, David Brochot, Helena Briard, Christian Lachenal, Marie-Caroline Janda

Pourquoi vous présentez-vous à cette élection des conseillers des Français de l’étranger ?

Je trouve l´institution des conseillers, avant appelés consulaires, comme un pas positif vers le renforcement de la représentation des Français qui vivent un peu partout dans le monde. Les sept dernières années de l´existence et activité des conseillers l´ont confirmé.

Pendant ces années on a acquis plus d´expérience pour pouvoir mieux exercer la mission du conseiller et on a décidé de se présenter de nouveau.

Vous avez occupé le poste de conseiller consulaire. Quel bilan en tirez-vous de votre mandat?

Le travail que j´ai fait a été très varié. On peut dire que le conseiller fait le pont entre la communauté française et l’ambassade mais aussi entre la communauté française et les sénateurs et députés français, élus pour représenter dans le parlement français les Français vivant à l´étranger. Je vis à Prague depuis plus de vingt ans et mes colistiers aussi. On connait donc bien les vrais problèmes des Français de l´étranger et on peut tout de suite les signaler aux hommes politiques qui peuvent les résoudre. On peut citer les problèmes causés par les nouvelles lois fiscales où par la dematérialisation des documents comme la déclaration d´impôts par ex.. Une grande quantité des personnes agées de plus de 80 ans n´a pas d´ordinateurs et ne sont pas capables de s´en servir. Un autre probléme a été le certificat de vie, ou l´imposition des Français vivant à l´étranger. Il y a de situations où il faut rappeller à l´Etat de residence – membre de l´Union européenne les règles de l´UE qu´ il doit respecter. Par ex.: lors de la vaccination contre covid-19 en Tchéquie les autorités ont failli de discriminer les professeurs des écoles internationales, y compris du Lycée français. On a signalé le probléme et au bout d´une semaine, grâce aux négociations diplomatiques et politiques, les professeurs français, eux aussi, ont pu être vaccinés.

En tant que conseillère j´ aidais les Français aussi dans leur vie quotidienne: la recherche de l´emploi ou du logement, trouver l´école convenable pour leurs enfants, démenager….Ceux qui ont perdu leur travail à cause de la pandémie ont eu besoin du conseil comment faire pour obtenir en Tchéquie l´allocation chômage. Les Français qui ont décidé de passer le reste de leur vie en Tchéquie on eu besoin d´aide quand ils ont demandé le permis de séjour permanent. Dans ces cas, parfois je donne des conseils, parfois je les accompagne, parfois je sers d´interprète.

Comme conseillère j´ai siègé aussi dans les commissions de bourses et j´ai veillé à ce que les bourses soient adjugées à ceux qui n´ont pas suffisamment de moyens pour payer les frais scolaires au Lycée français de Prague. J´ai siégé aussi dans la commission qui décide de l´aide sociale. Heureusement, en Tchéquie il y a peu de Français qui ont besoin d´une telle aide.

Un conseiller doit donc bien connaître les problèmes de la communauté française, bien connaître le travail des services diplomatiques et connaître aussi le mode de fonctionnement des autorités du pays de résidence. Ceci j´ai pu connaître parce que pendant 12 ans j´ai été élu membre du conseil communal d´un arrondissement de Prague et pendant quatre ans aussi du conseil municipal de Prague.

Que pensez-vous apporter pour les années qui viennent ?

Je voudrais d´un côté continuer d´aider ceux qui ont besoin d´aide et d´autre côté plus systématiquement communiquer les problèmes à nos sénateurs. Je voudrais aussi contribuer à ce que les Français de l´étranger ne soient pas discriminés par rapport aux citoyens des pays où ils vivent ni par rapport aux Français en France. En bref, je veux rester au service des Français en République tchèque pour pouvoir améliorer leur vie.

Quelle est votre vision de la communauté française en République tchèque ? Quelles sont, selon vous, leurs attentes ?

Le nombre de Français en République tchèque continue d´augmenter. Il y a de couples de retraités qui ont décidé de vivre en Tchéquie, il y a des jeunes qui espèrent y trouver du travail qui leur correspond, il y a des étudiants arrivés dans le cadre du programme Erasmus et il y a ceux qui ont épousé un Tchèque ou une Tchèque. Ils espèrent de pouvoir vivre une vie heureuse, sans problèmes. Comme tout le monde. Et quand ils rencontrent un probléme, ils attendent l´aide de l´ambassade, des services consulaires, des associations et biensûr de leurs conseillers consulaires. Et on veut tout faire pour les aider.

Vous aurez à vous prononcer pour l’élection des conseillers AFE et des sénateurs des français de l’étranger. Comment guiderez-vous vos choix et comment voyez-vous vos relations avec ces assemblées ?

Pendant les sept années de l´existence des conseillers consulaires j´ai eu d´excellentes relations avec les sénateurs Claudine Lepage, Hélène Conway-Mouret et Jean-Yves Leconte et jusqu´en 2017 aussi avec le deputé Pierre-Yves Le Borgne. S´ils se présentent aux prochaines élections, je voterai pour eux de nouveau, parce qu´il font un très bon travail.

palais buquoy ambassade france prague

Organiser une élection en temps de pandémie n’est pas chose facile. Quand cette élection est mondiale la difficulté est multipliée. Pourtant le gouvernement vient de publier le décret pour confirmer la date des élections des conseillers des français de l’étranger pour les 29 et 30 mai prochain. Ces élections, prévue en mai 2020 ont déjà été reportées à deux reprises mais cette fois, c’est confirmé, elles auront bien lieu.

Un rapport sénatorial émis le 16 décembre 2020 avait déjà fait le tour de la question et émis des recommandations pour faciliter la tenue de ces élections comme la multiplication des bureaux de vote ou le retour du vote par correspondance. Ces idées n’ont pas été retenues.

Le conseil scientifique, qui avoue ne pas connaître la situation à l’avance dans chaque pays a émis un avis favorable sur la tenue de ces élections sur la base de leur forte dématérialisation notant que « 1,2 millions de français sont inscrits sur Internet » (sic). Il s’agit en fait du nombre d’inscrit avec adresse mail et que tous ne peuvent voter par Internet (voir plus bas).

Pour élire les conseillers des français de Tchéquie, il y aura donc un donc possibilité de voter à l’urne et par Internet. Les procurations auraient dû être facilitées mais dans un pays qui limite les déplacements de ses résidents, le consulat a préféré annuler les tournées consulaires. Le gouvernement ayant assuré qu’il y aura (au moins) un bureau de vote par circonscription et pays. Nous sommes sûr que nous pourrons voter le 30 mai à l’Ambassade à Prague. Les locaux et leur disposition seront choisi pour limiter les contacts et permettre une aération régulière. Néanmoins, le gouvernement comme le consulat, incite les électeurs à se tourner vers le vote par Internet

Le vote anticipé par Internet aura lieu du 21 au 26 mai. Il sera ouvert aux personnes qui en auront bien renseigner leur numéro de mobile et leur adresse mail lors de leur inscription sur la liste électorale consulaire. Ils pourront ainsi recevoir les informations par mail et les codes de connexion par SMS.

Voici donc un rappel de ce qu’il convient de faire dès maintenant pour être sûr de pouvoir choisir ses conseillers en mai.

S’inscrire sur la liste électorale de Prague

Pour voter à cette élection, il faut être français résident en République tchèque et être inscrit sur la liste électorale consulaire de Prague. Il est possible de vérifier et de mettre à jour son inscription (nouveau mail, nouveau numéro de téléphone, changement d’adresse…) en ligne : 

Je vérifie ma situation électorale.

Si vous n’êtes pas présents sur la liste électorale de Prague il est possible de vous inscrire jusqu’au vendredi 23 avril 2021 (avant la fermeture du consulat).

Il est possible de s’inscrire uniquement sur la liste électorale mais il n’y a pas de formulaire en ligne pour cela et il faut donc prendre rendez-vous avec le consulat pour ce faire.

Si vous êtes inscrit sur le registre consulaire, il vous est par contre possible de mettre à jour votre situation électorale en ligne.

Le registre consulaire

Attention, la liste électorale de Prague n’est pas le registre consulaire où sont immatriculés les français de l’étranger pour faciliter leur démarches avec l’administration. Il est par exemple possible d’être inscrit sur le registre consulaire de Prague et sur une liste électorale d’une commune en France.

Si vous êtes inscrits sur le registre consulaire, il vous est possible de consulter et de mettre à jour votre situation électorale via un formulaire en ligne.

Je mets à jour les coordonnées.

Si vous n’êtes inscrit ni sur le registre, ni sur la liste électorale, vous pouvez faire d’une pierre deux coups en demandant l’inscription aux deux. La procédure ne nécessite pas de se déplacer à l’ambassade et peut être faite en ligne après avoir créé un compte sur service-public.fr.

Je m’inscris sur la liste électorale consulaire et au registre des Français à l’étranger.

Votre adresse mail

Dans la perspective d’une campagne et d’un scrutin dématérialisé pour cause de pandémie, il est peut-être préférable de vérifier l’adresse mail que vous avez renseigné à votre inscription et de la rectifier le cas échéant.

Les français vivant hors de France sont les seuls à devoir donner leur adresse mail (facultative) lors de l’inscription sur les listes électorales. Cela permet de recevoir les liens et identifiants pour participer au vote par Internet. La liste électorale étant publique, cela permet aussi aux élus et partis politiques de l’utiliser pour envoyer leurs messages.

L’adresse mail que vous donnez au consulat lors de votre inscription sur le registre n’est qu’un moyen de contact pour les services de l’Ambassade. Cette adresse peut être utilisée sur la liste électorale mais il est possible d’en donner une autre.

Ainsi, pour se prémunir des spams politiques, certains inscrits ont renseigné un mail farfelu mais ce faisant, ils se coupent de la possibilité de participer au vote par Internet. Il est pourtant possible d’éviter le spam en utilisant une adresse mail unique, puis en la filtrant comme l’explique cet article de 2017. Cette méthode isole vos messages dans votre boîte et vous permet de recevoir vos identifiants pour le vote par Internet.

Il n’est pas non plus recommandé de renseigner la même adresse mail pour tous les membres d’une famille. Cela empêche les autres membres de la famille d’avoir accès aux informations sur les élections et au vote par Internet et peut poser des problèmes de confidentialité.

Le vote à l’urne

Plusieurs raisons incitent à ne pas tout miser sur le vote par Internet. Beaucoup d’électeurs n’ont encore pas l’équipement ou la connaissance informatique requise. Il peut y avoir aussi la défiance devant un système peu transparent (défiance renforcée par le fait que la société sous-traitante était en redressement judiciaire en mai 2020) ou aussi la peur de laisser des traces de son choix sur l’ordinateur familial. Enfin, les tests grandeur nature ont laissé apparaître que plus de 10% des participants sont exclus du vote pour des raisons techniques diverses.

Pour toutes ces raisons le vote à l’urne doit être maintenu et même étendu si les limitations de déplacement l’imposent. Comme toute la campagne sera dématérialisée, ne vous attendez pas à recevoir les bulletins par la poste avec votre carte d’électeur. Là encore la propagande sera envoyée par courrier électronique et publiée sur un site dédié.

Les français de l’étranger n’ont pas de carte d’électeur mais cette dernière n’est pas nécessaire puisqu’une simple carte d’identité, passeport ou permis de conduire permet de vous identifier auprès du bureau de vote.

Le bureau de vote sera ouvert à l’ambassade le 30 mai de 8h à 18h.

Le vote par procuration

Si vous ne votez pas en personne, il vous faudra donner procuration à quelqu’un qui le fera à votre place. Cette personne devra être inscrite sur la liste électorale et se présenter au bureau de vote en votre nom. À cause des limitations de déplacement imposées par le gouvernement tchèque, le consulat n’a pas prévu de faire de tournée consulaire. L’établissement des procurations n’aura donc lieu qu’à Prague et ce, jusqu’à la dernière heure d’ouverture du consulat avant le scrutin (vendredi 28 mai). Vous pourrez établir cette procuration en remplissant le formulaire ad hoc et en vous présentant en personne au consulat ou dans un lieu habilité en France.

Un électeur mandataire ne peut pas détenir plus de trois procurations et une seule d’entre elles peut être établie en France.

L’utilité d’être bien inscrit sur les listes électorales n’est pas toujours évident pour qui ne suit assidûment pas la vie politique. Il est tout à fait normal et plutôt sain d’avoir d’autres (pré)occupations mais il faut veiller à ne pas se retrouver pris au dépourvu quand l’actualité nous donne envie de peser dans la vie locale. D’ailleurs pourquoi ne pas vérifier maintenant votre situation… le vendredi 23 avril, il sera trop tard.

Article par Alix

Photo Palais Buqoy: cc-by-sa Ludek