Category: Témoignages

Kevin, expat à Prague

Bonjour ! Je m’appelle Kevin, français de 27 ans, je suis arrivé à Prague en septembre 2015 et après un an j’aimerai vous raconter mon histoire et les raisons qui m’ont poussé à venir vivre dans cette magnifique ville aux cent clochers. Prendre du recul sur cette année permet de se rendre compte des surprises des premières semaines et du changement de la perception que j’ai pu avoir sur certaines choses. Je partage ce témoignage pour vous dire que je n’aurai jamais pensé vivre ici, que la vie est faite non seulement de surprises mais que vous en avez parfaitement le contrôle. Une simple décision peut changer considérablement votre lieu de vie, votre lieu de travail, votre entourage, et peut-être même vous faire rencontrer votre moitié.
Si je devais reprendre un proverbe, ce serait celui-ci : « on ne regrette pas les choses qu’on a faites durant notre vie, mais les choses qu’on aurait souhaité faire ».

Continue reading →

Il y a 7 ans de cela, Prahoo expliquait comment effectuer son inscription consulaire à l’occasion des élections présidentielles. L’année prochaine, deux scrutins vont s’offrir aux français de République tchèque. Une occasion de revenir sur ces démarches en détail et une foule de détails pratiques via une interview de Cécile Walk, Consul de France à Prague.

 

consulat-france-republique-tcheque.jpg

 

 

Bonjour Cecile Walck, pouvez vous vous présenter?

 

cecile-walck-consul-republique-tcheque-ambassade-.JPGBonjour, je suis Cécile Walk, chef du service consulaire ici à Prague. Je travaille pour le ministère des affaires étrangères depuis maintenant 20 ans. Mon parcours m’a amené auprès de diverses communautés françaises, en Amérique du nord et Europe principalement. Je suis en République tchèque depuis 2 ans. C’est ici une petite communauté, 3200 inscrits environ (on ne parle que des inscrits), en augmentation faible mais constante depuis plusieurs années, entre 200 à 300 inscrits supplémentaire tous les ans. C’est une population jeune, dû à l’histoire du pays, des jeunes actifs de 30 à 50 ans qui s’inscrivent en République tchèque, principalement à Prague.

 

Est-ce qu’il y’a des moyens de connaitre le nombre de français résident ici en dehors de l’inscription au consulat ?

Le consulat essaie de recenser les français non inscrits, c’est un but à atteindre, en  activant les différents réseaux. C’est important pour les ressortissants français comme pour le consulat de savoir qu’ils sont présents en République tchèque. L’inscription n’est pas obligatoire mais elle est fortement conseillée. Les gens y voient moins d’intérêt ici en Europe que dans les pays où il y a une forte insécurité mais les intérêts restent les mêmes au niveau des démarches administratives pour chacun de nos ressortissants. Nous faisons de la publicité en nous adressant aux autres services français, aux universités, sur internet, sur des sites que nous savons visités par les francophones et à travers les associations. Nous invitons les gens à venir s’inscrire et notamment les jeunes, les étudiants. Comme ils sont ici sur une courte période, ils n’éprouvent pas forcément la nécessité de s’inscrire alors que c’est une population très active au sein de laquelle, il peut survenir des incidents.

 

Pour connaitre les français qui résident ici, n’échangez-vous pas des données avec les administrations locales qui enregistrent aussi les résidents étrangers?

Alors, il n’y a pas d’échange données entre les administrations locales et le consulat. Le consulat respecte la confidentialité des informations de même que les autorités locales. Nous ne pouvons donc pas savoir qu’un français réside en République tchèque, s’il ne nous prévient pas. Cependant, le consulat se tient informé des démarches nécessaires que le ressortissant français doit effectuer en arrivant en République tchèque pour pouvoir relayer l’information. Nous mettons sur notre site les démarches à suivre, nous essayons de faciliter les démarches mais nous n’intervenons pas dans le processus d’inscription d’un ressortissant français auprès des autorités locales, à moins qu’il y ait un problème grave qui déroge au droit local.

 

Au delà de l’inscription, quels sont les autres services que le consulat organise ?

On pourrait considérer que le consulat est une petite mairie à l’étranger, il représente aussi certains des services de préfecture. En fait, le consulat est le relais de l’administration française. Il fait office de mairie en matière d’état civil (déclaration de naissance, décès, mariage). Prague a cette particularité que nous ne faisons que les actes dressés mais tout ce qui est transcription d’actes enregistrés auprès des autorités locales est effectué à Vienne.

 

Mais il n’y a pas besoin d’aller à Vienne pour réaliser ces procédures ? 

Non, cela peut être fait par correspondance. Les actes d’état civil peuvent être dressés à Prague, si la démarche est réalisée dans les délais requis.

Le consulat a également un rôle de protection consulaire. Une personne qui a perdu ou s’est fait voler ses papiers, se présentera au consulat pour les renouveler ou obtenir un laissez-passer pour rentrer en France. Pour les ressortissants résidents, la démarche est beaucoup plus simple quand la personne est déjà inscrite parce que nous avons un dossier les concernant exploitable immédiatement.

Nous intervenons aussi dans l’attribution des bourses scolaires pour les enfants scolarisés au lycée français de Prague puisque c’est le consulat qui est chargé de la gestion de la commission de bourses scolaires. Nous avons aussi un volet social avec l’aide sociale à nos ressortissants. En Europe c’est assez limité parce qu’il y a des conventions européennes qui obligent chaque pays à aider localement le citoyen européen qui y réside mais il nous reste une possibilité d’aide sociale pour les personnes en grande difficulté financière, en situation précaire : personnes âgées et personnes handicapées.

 

Est ce que le consulat aide directement ou est ce qu’il y a des associations de bienfaisance qui aident ? 

Il peut exister des associations françaises de bienfaisance mais il n’y en a pas en République tchèque. C’est un comité consulaire pour l’action sociale qui s’occupe de ces cas pour les ressortissants installés mais aussi pour les personnes de passage ou encore les détenus.

 

Que conseilleriez-vous aux personnes qui désirent s’installer en République tchèque ?

En général, lorsque l’on me pose cette question, même lorsqu’elle concerne des agents du Ministère prêts à partir à l’étranger, je réponds qu’il faut bien se préparer. Cette réponse peut paraître bête, mais c’est primordial. Aujourd’hui, c’est plus facile de se préparer, il existe des moyens d’information rapide et assez complets, via Internet. Je leur conseille de visiter notre site, le site de la maison des Français de l’étranger et de France diplomatie parce que nous y postons toutes les informations qui sont nécessaires pour chaque pays.

 

Est ce que ces services d’état civil ne sont pas déjà réglés dans le pays où l’on réside en tant que citoyen européen ?

Effectivement, les évènements d’état civil qui ont lieu sur le territoire tchèque sont enregistrés par les autorités tchèques. Les français qui résident en République tchèque ne sont pas tenus de faire établir des actes français, les actes d’état civil étrangers sont reconnus en France (sauf pour les mariages depuis 2007 qui ne sont pas opposables auprès des tiers) mais un acte d’état civil français peut faciliter les choses. Par exemple, même si un décès est enregistré à l’état civil tchèque, lorsque le conjoint souhaite faire des démarches en France pour obtenir la pension de reversion, il est beaucoup plus simple de se présenter avec un acte de décès français. Il est donc préférable soit de faire dresser l’acte de décès, très rapidement auprès de la section consulaire à Prague, soit de demander la transcription de l’acte de décès tchèque auprès de la section consulaire à Vienne. Il en est de même pour le problème du nom et du choix de nom. Il est aussi conseillé de faire dresser l’acte de naissance d’un enfant dans les 30 jours qui suivent la naissance en République tchèque, ce qui simplifie les problèmes d’attribution du nom.

 

Même si la République tchèque n’est pas bien grande, il reste des endroits encore éloignés de Prague et donc du consulat, que propose le consulat pour donner à ces personnes un accès à ses services ?

Il est vrai que si nous avons 80% des inscrits résidant sur Prague, nous devons répondre aux demandes de personnes résidant beaucoup plus loin. Pour ces gens là, nous restons ouverts toute la journée. Normalement nous sommes ouverts au public de 9h à 12h30 mais nous pouvons recevoir ces personnes sur rendez-vous pendant l’après midi.

Nous pouvons aussi nous déplacer dans le cadre de tournées consulaires. Nous prenons rendez-vous avec les français sur place grâce aux associations et aux relais locaux, l’Alliance française ou les chef d’îlot et nous les accueillons pour assurer toutes les formalités dont ils ont besoin.

Pour l’organisation de la sécurité de nos ressortissants, nous découpons le pays en zones et en îlots avec chacun un ou plusieurs chef d’îlots. Ce peut être des contacts pour rejoindre les français de la région que nous allons visiter. La dernière fois, je me suis rendu à Ostrava dans le cadre d’une mission et j’en ai profité pour rencontrer les français qui avaient besoin de renouveler des papiers ou faire d’autres démarches.

Il n’y a que pour les passeports qu’il y a besoin de venir en personne au consulat, à deux reprises. Cela devrait changer quand nous recevront la valise Itinera qui nous permettra de collecter les données biométriques durant nos tournées. Nous ne savons pas encore quand nous auront cette valise ni quelles seront nos possibilités d’assurer des tournées consulaires.

 

Il n’y a pas de consuls honoraires en République tchèque ? 

Non, ce n’est pas un réel besoin, la plupart des démarches sont faisables par correspondance.

 

En 2014, les français ont plusieurs rendez-vous électoraux. Pouvez-vous nous parler de ce qui s’offre à ceux qui résident en République tchèque ? 

Déjà, pour voter il faut être inscrit sur les listes électorales. C’est pareil qu’en France. Les personnes qui ne sont pas encore inscrites ont jusqu’au 31 décembre à minuit pour le faire. Si l’on vient d’arriver en République tchèque et qu’on désire voter au consulat, l’unique bureau de vote pour les français de République tchèque sera ici au consulat à Prague. Il faut s’inscrire au consulat avant le 31 décembre et demander son inscription sur la liste électorale. Nous avons une permanence téléphonique d’urgence et il y aura une permanence physique vraisemblablement jusqu’à 18h mais c’est plus habile de venir s’inscrire avant le 20 décembre. En République tchèque les 24, 25 et 26 décembre sont fériés, cette année le consulat sera également fermé pour travaux le vendredi 27 décembre. Même s’il existe une permanence consulaire et si les bureaux seront ouverts les 30 et 31 décembre. Passé le 31 décembre il sera trop tard.

L’inscription au consulat et l’inscription sur les listes électorales sont deux choses différentes. Elles sont souvent réalisées en même temps mais il est possible de faire l’un sans l’autre.

Les français établis à l’étranger, s’ils sont inscrits au consulat, peuvent choisir de voter au consulat pour les législatives, les européennes, les présidentielles, les référendums et les conseillers consulaires. Pour les quatre premiers scrutins il est possible de choisir de continuer de voter en France selon certaines conditions mais on peut aussi choisir de voter au consulat. Le choix est arrêté au moment de l’inscription donc il est important de réfléchir avant le 31 décembre, au moment ou les listes sont arrêtées. Les listes sont transmises en France et croisées par l’INSEE avec les listes des mairies en France. La liste définitive est éditée en mars.

 

 

Quelles sont les échéances pour 2014 ?

En 2014, nous aurons les élections européennes et les élections pour les conseillers consulaires. Pour les conseillers consulaires, ce sera la première élection de ce type. Jusqu’à aujourd’hui nous avons des délégués des français de l’étranger. Ils constituent l’Assemblée des Français de l’étranger et ils représentent les français de façon régionale. À partir de 2014, nous aurons des conseillers consulaires qui seront des représentants locaux. Ils ne représenteront que les français résidant en République tchèque. Ces conseillers éliront les représentants régionaux. Nous n’avons pas encore les chiffres qui dépendent du nombre d’inscrits sur les listes électorales mais nous supposons que nous aurons ici, en République tchèque, trois conseillers consulaires.

Toute personne inscrite au registre en République tchèque et qui y réside peut se présenter comme conseiller consulaire pour un mandat de six ans. C’est un scrutin de liste et la liste doit respecter la parité. Les candidats déposeront leur candidature ici auprès du chef de section consulaire et les élections auront lieu le dimanche 25 mai. Ces conseillers représenteront nos ressortissants en République tchèque et auront un droit d’information et un avis à donner sur les activités de la France en République tchèque, sur leur situation en tant que ressortissants français à l’étranger, comme le faisaient les délégués auparavant sauf que ce seront des conseillers de proximité. Ce système de conseillers consulaires a aussi pour but d’agrandir l’électorat des douze sénateurs des français de l’étranger. Mais ce qui est important c’est que ces conseillers seront des gens vivant en République tchèque, proches des préoccupations des français. Ce devrait être plus facile pour eux de représenter leurs électeurs alors que les délégués régionaux qui font un bon travail représentent plusieurs pays à la fois. Et donc ces élections auront lieu le 25 mai.

 

 

Mais c’est aussi le jour des élections européennes ? 

Oui, il a été décidé d’organiser une journée électorale unique. C’est surtout pour éviter demander trop aux français de l’étranger qui ne peuvent pas toujours se déplacer au consulat plusieurs fois de suite. Concrètement il y aura deux bureaux de vote et les français qui viendront auront à voter tour à tour pour les conseillers consulaires et les députés européens.

 

Ce ne sera pas trop difficile pour organiser deux bureaux de vote en un seul lieu ? 

Ça devrait bien se passer, ici il y a souvent assez de monde pour aider, les scrutateurs sont assez facile à trouver pour organiser le dépouillement. Il sera peut-être difficile de trouver des membres du bureau de vote parce qu’il faut demander aux gens de rester sur place toute la journée mais cela ne devrait pas nous poser de problème.

Il faut savoir que pour les européennes, les ressortissants européens peuvent aussi voter dans leur pays de résidence. Ici, en République tchèque, il faut qu’ils fassent la démarche de s’inscrire. Je ne sais pas encore jusqu’à quand ils peuvent le faire localement mais ce qu’il faut savoir c’est qu’il ne sera possible de ne voter qu’une fois, soit pour le scrutin français au consulat, soit pour le scrutin tchèque mais il est évidement interdit de voter pour les deux.

 

Je voudrais aussi parler de l’ambassade puisque nous sommes ici dans un de ses jolis salons. Les deux services sont côte à côte ici à Prague, pouvez-vous nous indiquer la différence entre les deux ?

interview-consul-pragueEn fait, nous sommes ici une section consulaire au sein de l’ambassade. L’ambassadeur est nommé par le Président de la République, il représente le Président de la République française en République tchèque. Pour simplifier, l’ambassade c’est la politique française, l’information, la transmission des messages dans un sens et dans l’autre entre les gouvernements. Le consulat est placé sous la direction directe de l’ambassadeur et il s’occupe des ressortissants français, des individus. Il représente l’administration. Ce sont deux missions différentes.

 

N’y a-t-il pas des moments où les prérogatives se chevauchent ? Je pense à l’aide sociale, aux binationaux…

En fait tout ce qui concerne les individus est du ressort du consulat. Là où ça peut se chevaucher c’est dans le cadre d’un accord bilatéral. Si on commence à discuter d’un accord bilatéral ou d’une convention entre les deux pays, c’est le rôle de l’Ambassade, de la chancellerie diplomatique. C’est un accord politique entre deux pays. Ensuite, le consulat va prendre le relais lorsque l’accord sera signé et mis en application, car il s’agira d’individus et de situations individuelles.

 

L’ambassade vient de recevoir un nouvel ambassadeur, Monsieur Asvazadourian qui a justement détaillé ces relations bilatérales dans une interview à Radio Prague Est ce que le changement d’ambassadeur apporte aussi un changement au sein des services consulaires ?

Au niveau consulaire, j’aurais tendance à dire que non parce que notre devoir c’est le service public. C’est de rendre service à nos administrés donc le fait qu’il y ait un changement d’ambassadeur ne change en rien nos missions qui sont bien déterminées. Après, comme partout ailleurs, la personnalité de l’ambassadeur va influer sur l’ensemble des services mais intrinsèquement les missions du consulat ne changent pas, tout comme avec un changement de chef de section consulaire. La personnalité va peut-être influencer l’approche de la communauté ou le mode de communication mais les services non. Le message de l’ambassadeur en cette fin d’année est également de dire qu’il faut s’inscrire avant le 31 décembre.

 

 

Madame Cécile Walck, je vous remercie.

 

 

Interview réalisée par Alix

Photos de Tereza Novakova

Récemment, j’écrivais un article sur une journée parfaite à Prague dans le cadre d’un concours et ca m’a donné l’idée d’écrire un article némésis sur tous les ennuis qui peuvent vous arriver à Prague.  Bon d’accord, c’est cynique mais je suis sûr que certains d’entre vous reconnaitront des petits déboires qui leur est arrivé.

 mauvaise-journee-prague.jpg

Temps pluvieux, avis d’innondations…

Vous attérissez à Prague, un matin pluvieux de juin.  Pas de bol, tout le monde vous vantait la belle saison qu’est le printemps dans la capitale de Bohème et pour l’instant, un maigre 12° vous accueille, accompagné de brutales bourrasques de vent.  

 

Vous avez d’ailleurs 2 heures de retard.  Des innondations ont touché le centre de la ville mais surtout crée un vent de panique inutile dans les aéroports et les transports en commun.  Pas découragé pour autant, vous prenez un taxi depuis l’aéroport.  Son chauffeur, un tchèque de 120kgs, bedonnant et bourru est complètement hérmétique aux langues étrangères et fait semblant de ne pas comprendre votre adresse. 

 prague-place-venceslas.jpg

Après une course à 160km sur l’autoroute, vous descendez de la voiture, le coeur au bord des lèvres et surpayez la course pour vous rendre compte que par “Ujezd”, le chauffeur a compris “Ujezd Nad Lesy” et non pas la rue du coeur de Mala Strana.  Ne connaissant pas encore Prague, vous commencez à douter.  Ce village ne ressemble en rien aux splendides photos que vous avez vu dans votre guide touristique.

La surtaxe touristique…    

Après une deuxième course surtaxée, vous arrivez enfin en centre ville.  Il est déjà presque midi, votre matinée est ratée et vous vous décidez à déjeuner sur un des restaurants de la Vieille Place.  Là, votre calcul des changes vous parait mal fonctionner.  Votre guide vous parlait de 5 à 6 euros pour un repas et d’une délicieuse bière à environ 1.5€.  Ici, ca a l’air plus cher ou vous ne savez pas trop vous y retrouver avec cette couronne tchèque.  Tout chose étant qu’après avoir reçu l’addition, vous remarquez sur la note que vous payez deux tranches de pains, l’eau, des bretzels non consommés et même un couvert.  Petite cerise sur le gateau, le serveur vous a gentiment gribouillé au stylo “tip” +20%…

 

La note n’est pas juste salée, vous avez payée votre bière à un prix parisien: 6€ et vous en sortez avec le café pour 40€.  Bôf, vous vous dites qu’il fallait peut-être éviter le centre touristique mais qu’après tout, vous êtes là pour en profiter, malgré la pluie insistante qui continue de mouiller les pavés, les rendant glissant.  

pas-de-bol.jpg

Pickpocket pragois, merci pour les complications…

Ah zut, vous avez raté de 2 minutes le spectacle de l’horloge astronomique.  Tant pis, vous n’allez pas attendre une autre heure et vous dirigez de ce pas vers le cimetière juif.  Vous avez à y payer une surtaxe goï en vous demandant pourquoi.  Pourtant, les cimetières sont généralement gratuits mais là, un tout petit musée a été intelligemment placé devant l’entrée donc pas le choix.  D’ailleurs, réellement pas du tout de choix, quelqu’un a réussi à vous pickpocketer, certainement pendant que vous traversiez la foule devant l’horloge.

 

Votre humeur est en berne.  Après 1 heure passé à la police des touristes, vous aurez à vous arrêter le lendemain matin au consulat pour y demander un laisser passer…

Le méthanol, ce petit goût si typique des alcools tchèques…    

Vos derniers 500 couronnes seront vite dépensées et vous préférez les garder pour le jour suivant, au cas où.  Toutefois, un petit alcool local vous fera du bien.  Une “slivovice” vite envoyée, le goût de mal-distillé, vous rappelle le scandale des alcools mélangés au méthanol.  C’est peut-être votre esprit fatigué mais votre vision semble bien trop trouble pour un seul verre de mauvaise liqueur.

methanole-alcools-tcheques.jpg

Les bonheurs des transports pragois

C’en est trop, vous voulez aller vous coucher et montez dans un tram.  Vous pensez payer au chauffeur mais celui-ci vous envoie balader en ajoutant quelques mots hargneux que vous ne comprenez pas.  Vous vous asseyez pour les deux stations mais une femme d’un âge un peu avancé laisse d’un coup, déverser dans votre dos un flot de paroles agressives.  Vous vous levez et lui laisser votre place.  Décidemment, les tchèques ne sont pas toujours accueillants.

mauvais-passager-transports-communs-prague.jpg

Quelqu’un vous tapotte sur l’épaule.  Habillé en civil, chaussettes beiges sur sandales marrons, il vous agite devant le nez un gros pin’s et vous comprenez que vous vous faites contrôler, certainement attiré par le petit raffût de la vieille dame.  Le contrôleur vous colle une prune et vous prend votre dernier change.  Cette même vieille dame vous envoie un petit regard mesquin et vous descendez, une station trop loin, dégouté de votre journée.

 

Vous avez passé une journée réellement pourrie à Prague…

 

Note:  d’accord, c’est bien exagéré comme petite histoire.  Toutefois, je me suis basé sur des évenements réels qui me sont arrivés au long de ces longues années d’expatriation. 

 

Si vous aussi, vous avez de mauvaises expériences, n’hésitez pas à les partager en commentaire!

 

Tom, expat pragois

Suite à la sortie du reportage de Pierre Brouwers sur Prague, appelé très justement “Prague, coeur d’Europe“, j’ai eu la chance de pouvoir faire passer une petite interview au réalisateur.  En voici la retranscription.

pierre_brouwers-documentaire-prague.jpg

 

Thomas – Photographe, journaliste et cinéaste, vous aviez certainement plusieurs raisons pour choisir la ville de Prague comme sujet de votre dernier reportage.  Pouvez-vous nous les raconter?

Pierre – Prague est une des plus belles villes d’Europe, et aussi l’une des plus riches en histoire. Prague est une destination touristique importante et je suis toujours à l’affût de  sujets pour compléter la collection “Découvrir le monde”, sujets à la fois intéressants (selon moi) et susceptibles de rencontrer un large public.

 

Thomas – Votre Guide DVD s’appelle Prague, Coeur d’Europe.  Pourquoi l’avoir ainsi intitulé?

Pierre – Prague se trouve géographiquement au centre de l’Europe. Elle a ainsi été le carrefour de bien des conflits, le lieu de passage de nombreux conquérants, le centre d’influences multiples. A Prague, il suffit de lever la tête pour apercevoir sans cesse de nombreux avions de ligne laissant leur sillage dans le ciel bleu. Le ciel de Prague est lieu de passage obligé de nombreuses liaisons aériennes européenne, position géographique oblige.

 

Thomas – Quels sont les aprioris sur Prague prétournage que cette expérience vous a fait revoir?

Pierre – Je partais sans aprioris. Je connaissais déjà un peu la ville pour y avoir passé un week end. Je n’ai eu que des confirmations. Prague est plus belle encore que je l’imaginais. Plus intéressante que je l’imaginais du côté de la vie nocturne et culturelle. Plus démarquée encore que je l’imaginais par rapport à la période communiste (j’ai découvert le musée du communisme, des bars où le communisme est devenu thème décoratif quasi antique, où les icônes du communisme sont tournées en dérision, etc.)

 

Thomas – Quel est votre moment le plus fort du tournage?

Peut-être le survol en ballon captif, balloté par le vent à 300 mètres au-dessus du pont Charles.

 

Thomas –  Finalement, quel serait le lieu le moins attendu que vous recommanderiez à des touristes de passage?

Il faut se perdre dans les ruelles de la vieille vie, trouver la rue la plus étroite du monde,  se perdre le soir dans les rues animées autour de la place Wenceslas. Oui, il faut se perdre pour faire de vraies découvertes.

 

Thomas – Merci Pierre pour ces images!

 

Et pour conclure, un petit extrait du documentaire:

 

Si ce reportage vous intéresse, vous aurez peut-être l’occasion de le voir sur la 5 sur TV Voyage.  En attendant, vous pouvez aussi le commander en ligne dans la collection “Découvrir le Monde“.

reportage-prague-coeur-europe-pierre.jpg

Tom, expat pragois

En république tchèque ca rigole pas coté alcool au volant.  Mais alors pas du tout (c’est en général certainement pour le mieux dans un pays où la culture de boisson est aussi développée).  Je voulais toutefois vous raconter ma petite expérience d’alcool au volant afin que vous soyez bien prévenus.

 

alcool-volant-republique-tcheque.jpeg

Zéro tolérance pour la conduite en état d’ébriété en République Tchèque

En gros, l’été dernier, nous étions à un festival (l’excellent Votvirak, le trop bien nommé “décapsuleur”) où nous avons arrosé les concerts que nous suivions.  Nous avons dormi dans la tente et au petite matin, 8 heures après avoir arrêté de boire, nous avons repris la route.  Et là, arrêtant chaque voiture, nous tombons nez à nez avec un barrage de policiers qui font gentiment souffler chaque conducteur.

Confiant, j’expire dans l’alcotest et me retrouve avec un résidu d’alcool de 0.34 grammes. Le policier semble embêté et me dit que je vais devoir me présenter au poste.

J’y vais à l’injonction quelques 4 mois plus tard et me fais retirer mon permis pour 6 mois (réduit à 3 pour bonne conduite…) et une amende de 4000CZK.  Quasiment le minimum possible en République Tchèque!  On ne rigole pas avec l’alcool au volant ici. 

Le conducteur qui me suivait avait 1.1 grammes et a perdu son permis sur place. 

Fais donc attention.  Pour avoir discuté avec la policière, les tchèques tolèrent des niveaux de 0.2 grammes ce qui correspond à une petite bière bue il y a une demie heure.

police-tcheque-severe-alcool.jpg

Donner un petit quelque chose au policier pour éviter la sanction.  Là, c’est pas moi qui vous le conseille mais visiblement, pour 1000 à 2000CZK, les policiers laissent généralement partir les étrangers sans conséquences (c’est bien pour la sécurité routière…)

Conduire avec un permis étranger en République Tchèque

J’ajoute qu’ayant un permis français, ils n’ont pas pu physiquement me retirer le dit papier et j’ai pu conduire à l’étranger sans problème.  Toutefois, si vous habitez à longue durée à Prague, il faut savoir que vous devriez vous faire faire un permis tchèque.  C’est possible à la magistrature rue Jungmanova dans le centre en présentant votre permis français et des documents officiels comme quoi vous résidez en République Tchèque.

inspectorat-routiere-prague-jungmanova.jpg

Dopravni inspektorat Hlavni mesto pour demander votre permis tchèque

Jungmanova 35

Ouvertures: du lundi au jeudi 07.00 à 18.00

Il n’y a pas de queues le matin tôt et cela va vite.

 

Les tchèques ont un site pour ce qui est de boire de la bière “avec raison”:  www.napivosrozumem.cz

 

Petit rappel: en france, la tolérance est de 0.5 grammes d’alcool par litre de sang, soit 0.25 milligrammes par litre d’air expiré.  Votre résistance dépend à votre physique mais cela veut dire pour un homme de prendre une pinte et de pouvoir reprendre le volant quelques temps après.