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Prague est l’actuelle capitale de la République Tchèque, capitale de la région de Bohème et centre culturel influent. «Capitale magique de l’Europe» selon André Breton, Prague est une ville touristique qui ne doit rien à Paris ou à Rome. Les pierres les plus anciennes trouvées dans l’enceinte actuelle du château sont datées de la fin du néolithique. Construit sur un oppidum, colline fortifiée naturellement, le château accueille de 872 (Přemyslides) à 1918 (Habsbourg-Lorraine) une succession de dynasties de rois de Bohême dont certains seront empereurs du Saint-Empire romain germanique, puis les présidents de la Tchécoslovaquie et enfin ceux de la République tchèque.

Le château, cour après cour

Désigné comme le plus grand château ancien du monde et symbole de la ville, il s’étend, rive gauche de la Vlatva sur environ 570 m de long et 130 m de large et est inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1992. Le quartier du château est formé de bâtiments aux architectures différentes, dont le plus impressionnant est la cathédrale Saint Guy.

chateau-prague-vue-completeL’entrée du château se fait par une immense grille rococo (XVIIIème siècle) sur laquelle sont entrelacées en lettres d’or les initiales de Marie-Thérèse d’Habsbourg et de Joseph, son fils, régnant alors sur la Bohême et de chaque côté de la grille, deux Géants statufiés terrassant leurs ennemis. Les bâtiments de cette première cour ont tous été réalisés dans les années 1760 par Nicolas Pacassi, architecte viennois au service de Marie-Thérèse dans le style baroque, sans détails architecturaux démonstratifs. Au fond de la cour, la porte Matthias (1614) aux trois arches, ceux qui passaient sous cette porte acceptaient de se soumettre au monarque Autrichien, ce qui ne convenait plus du tout après le démantèlement de l’empire Austro-Hongrois, alors que la République de Tchécoslovaquie voyait le jour. L’architecte Josef Plecnik eut alors l’astucieuse idée d’ouvrir deux entrées latérales de chaque côté de cet arc de triomphe, érigeant deux mâts d’une hauteur de 25 m pour garder l’harmonie de la place. C’est ici que se déroule la relève de la garde.

La seconde cour héberge la Chapelle de la Sainte-Croix construite en 1756 pour recevoir les reliques réunies par l’empereur Charles IV, conservées aujourd’hui dans la Cathédrale Saint-Guy. A gauche au fond de la cour, se trouvent les écuries aménagées par Rodolphe II à la fin du XVIème siècle et la Salle Espagnole qui protégeait les milliers d’œuvres d’art qu’il avait amassées. Actuellement, la galerie de peintures du rez-de-chaussée expose les œuvres de Titien, Bassano, Holbein et Rubens qui ont résisté aux pillages Suédois. La fontaine Kohl (1686) trône au centre de cette cour.

La troisième cour est accessible en passant sous la façade du Château et s’ouvre sur le portail imposant de la cathédrale Saint Guy qui soutient le prévôté, ancien palais de l’évêque. Un obélisque en granit clair s’élève devant ce bâtiment avec à sa droite, la fontaine «Saint Georges terrassant le dragon» et le vieux Palais Royal dressé à l’extrémité droite de la façade baroque. L’entrée dans la cathédrale se fait en empruntant l’une des trois portes dédiées aux saints protecteurs de la Bohême. Ses dimensions sont impressionnantes : 124 m de long, 60 m de large et 33 m de haut, sa structure gothique permet la succession de trois niveaux et sa voute est supportée par un entrecroisement de deux arcs de pierre. Le deuxième niveau accueille 21 bustes de dignitaires de cette époque, ce qui en fait des portraits qui se placent parmi les premiers de l’histoire de l’art en occident. Le premier niveau est une succession de chapelles : la chapelle archiépiscopale qui renferme le vitrail Art Nouveau d’Alfons Mucha (1931) ; les chapelles et leurs tombeaux décorés de gisants ; la chapelle de Saint Jean Népomucène avec son tombeau réalisé entièrement en argent et la chapelle de la Sainte-Croix qui donne accès à la crypte et aux dépouilles des principaux rois de Bohème. Enfin la chapelle de Venceslas qui, selon la légende, a été assassiné à cet endroit précis, ses reliques étant déposées dans le coffre en bois au centre de la pièce, ce sont les murs et le plafond de qui sont spéciaux car ornés de pierres précieuses, peints et sculptés, ils ne présentent aucun espace vide. La porte dorée (porte sud) surmontée de splendides mosaïques vénitiennes sur fond rouge et or fût pendant 600 ans la porte principale de la cathédrale.

Au fond du château, on trouve le musée du couvent Saint Georges et le musée du jouet. Les jardins créés au XVIème siècle dans le style Renaissance, sont agrémentés de fontaines chantantes (en cuivre), d’une maison du Jeu de paume et d’une orangerie.

Les légendes de Prague

Le château nait de l’oracle de la princesse Libuse qui, tendant le bras vers le nord-est, voit «une grande cité dont la gloire confinera aux étoiles [….] illustre dans le monde entier» et prédit la construction d’un château qui sera nommé Praha. Prague étant née sur une légende, il est normal qu’elle devienne la source de quelques autres fantaisies mystiques.

Ces légendes sont entretenues par les traditions orales mais elles font aussi l’objet de nombreuses œuvres écrites telles que romans, poèmes et plus récemment, comédies musicales. Elles parlent de Dalibor qui, enfermé dans la tour qui prendra son nom, joue d’un violon qu’il a fabriqué avec des allumettes ; de la Vierge qui retient un pilleur par le poignet, ne le relâchant que lorsque le bras est amputé, ce bras est suspendu à l’entrée de la cathédrale Saint Jacques ; ou des cheveux dorés qu’une princesse tressa pour soutenir la cloche de la cathédrale Saint Guy (Sigismond).

La Ruelle d’or est nommée ainsi car des alchimistes y auraient transformé des métaux en or. Datée du XVème siècle, elle abrita Franz Kafka qui tentait de fuir un père oppressant (1916), il s’installa au numéro 22, dans une maisonnette bleue devenue plus tard une bibliothèque.

Des entrevues «catastrophes»

Le roi de Bohême Rodolphe II est passionné de sciences occultes et quand il reçoit le Rabbin Low, en 1592 pour lui assurer la protection des Habsbourg pour les juifs du ghetto de Josefov, il ne sait pas qu’il vient de mettre fin à la vie du Golem. Ce personnage d’argile à l’allure humaine avait été créé par le Rabbin comme protecteur des juifs, mais il échappe peu à peu à son contrôle et devient violent. Le Rabbin lui ôte la vie en effaçant la première lettre du mot inscrit sur son front («émet»). Sa dépouille est déposée dans le grenier de la synagogue Vieille-Nouvelle.

En 1618, les protestants harcelés par le roi de Bohême Ferdinand de Thirie, sont reçus en délégation au chateau. Le dialogue ne s’établit pas et les deux représentants du roi sont défenestrés. C’est un tas de fumier qui va amortir leur chute et leur sauver la vie ! La Bohême est aux mains des protestants et les ombres de la guerre de Trente ans planent sur le château.

Chateaubriand se rend à Prague en mai 1833 à la demande de Madame de Berri. Cette dernière, mise en disgrâce par Charles X son beau-père, souhaite rendre visite à ses enfants, exilés à Prague avec ledit roi depuis octobre 1832. Charles X est peu enclin à donner suite à cette demande, il reste ferme et les différents entretiens au château n’aboutissent pas. Chateaubriand reviendra à Prague en septembre de la même année, Charles X sera plus accessible et acceptera que Madame de Berri passe la frontière en échange de la preuve de son mariage avec le père supposé de sa dernière fille.

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